Décryptages - Blog politique

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12 mai 2007

Revenir à l'essentiel

gauche_centre

Reconstruction. Voilà le dernier leitmotiv des battus. Reconstruire la politique, le mouvement et la démocratie. Bâtir une alternative. Créer un nouvel espace au centre et à gauche capable de proposer une offre politique claire, cohérente, crédible, moderne, débarrassé des vieilles lunes gauchistes.

Quelles sont les leçons des élections présidentielles dans ce contexte ?

La première n'est pas nouvelle mais devient désormais une évidence : le PS n'est pas un Phénix, il ne renaîtra pas de ses cendres. Son "logiciel", comme dit Kouchner, est détraqué, passé de mode, incompatible avec le monde réel. Ecartelé entre les tenants archaïques d'une gauche pure et dure (que ce soit par conviction comme Emmanuelli ou par les détours d'une tactique discutable comme Laurent Fabius) et les nouveaux socio-démocrates qui n'ont enfin plus honte de dire qui ils sont, le PS se meurt, s'enfonce, disparait. Dirigé depuis dix ans par un homme inconsistant, sans autre vision que celle des manoeuvres d'appareils, ce parti ne sera pas le coeur du renouveau. Même les jeunes trentenaires y sont pervertis par des années de combinaisons et de courants destructeurs.

Il y a cependant au sein du PS des acteurs incontournables dans ce paysage. Au moins deux . Ségolène Royal et DSK. La bagarre entre ces deux-là va être dure. Ségolène avance avec la légitimité relative des 47% de français réunis au second tour, DSK lui oppose le côté précurseur, avant-gardiste de la social-démocratie. Celle qui a su prendre, bien que maladroitement, le virage de l'ouverture au centre entre les deux tours face à celui qui avait raison avant les autres.

La seconde leçon est la victoire de la bipolarisation. Ni droite ni gauche n'est pas un discours tenable. Je le dit d'autant plus facilement que, si j'ai voté Bayrou au premier tour, j'ai toujours pensé que le centre était une aventure qui menait à autre chose. Je l'ai écrit dès le mois de février :

"Et si ce fameux parti démocrate dont parle Bayrou n'était pas ce ramasse-tout centriste que beaucoup craignent ? Si son ambition était tout simplement de créer le véritable parti d'alternance aux conservateurs, comme c'est le cas aujourd'hui chez presque tous nos voisins ? Si l'aventure de Bayrou n'avait d'autres objectifs que de changer d'époque, de créer un autre pluralisme, plus serein, plus calme, moins arc-bouté sur des idéologies dépassées ? Si cette campagne présidentielle était enfin l'occasion de mettre au rencart un Parti socialiste dépassé par les événements, incapable de se ré-inventer, figé sur des postures d'un autre temps ? Si Bayrou réussissait finalement ce qu'aucun dirigeant de la gauche de gouvernement n'a réussi à faire, depuis l'échec de la deuxième gauche jusqu'à la bérézina de Jospin et la défaite de DSK : réformer, moderniser, abandonner les chimères anti-capitalistes de la vieille garde et de ses rejetons, affronter le monde tel qu'il est, cesser de se mentir à soi-même et aux électeurs ?"

Je n'ai pas changé d'avis. L'avenir du Mouvement Démocrate, purifié de ses éléments les plus à droite, est dans une opposition claire à la droite conservatrice. Cela implique d'abandonner les figures imposées de la présidentielle. Abandonner l'extrême centrisme. Ne pas rejouer cet entre deux tours désastreux où Bayrou était enfermé dans sa propre nasse : incapable de soutenir qui que ce soit, réduit à souligner les dangers des deux projets en lices, forcé de paraître pour ne pas disparaître.

Personne n'est dupe. Pour exister, pour avoir des élus dans la future Assemblée, le MoDem doit lui aussi trouver la bonne fréquence. Une véritable alliance, non pas avec le PS d'aujourd'hui, mais avec ceux qui veulent faire du PS un véritable mouvement social-démocrate, est la seule voie possible. Il faut le dire. Maintenant. Bien avant le premier tour des législatives.

Que le PS se rénove (je n'y crois pas), qu'il explose en deux morceaux (un parti social-démocrate et un parti socialo-communiste) ou que les forces modernes du PS rejoignent un Mouvement Démocrate qui ne serait plus seulement l'écurie présidentielle de François Bayrou, peu importe. Mais il faut que l'objectif soit clair : créer une force du centre et de la gauche moderne. C'est possible. Mais, comme à droite avec Sarkozy, comme dans les autres démocraties européennes avec Blair ou Zapatero, comme dans le passé à Epinay avec Mitterrand, il faudra sans doute qu'un homme ou une femme s'impose, prenne le leadership sans conteste de cette nouvelle stratégie. Il faudra que cette aventure s'incarne. Bayrou ? DSK ? Royal ? Les candidats ne manquent pas. En auront-ils la force, l'audace, la chance ?

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07 mai 2007

Risque d'émeutes ... rue de Solférino

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Un dimanche comme les autres

election

Voilà. C'est fait. Tous ceux qui nous assurent depuis des mois que les Français haïssent Sarkozy ont eu tort. Bien entendu, ils ne le reconnaitront pas. Ils se réfugieront derrière leur discours de suspicion et de complot. Ils diront (ils disent déjà) que les médias et les instituts de sondage ont fait l'élection, que les français ont été dupés. Ils poursuivront dans leur rhétorique du danger et de la peur. Ils brandiront les menaces pour la démocratie, les risques liés à la concentration des pouvoirs, le culte du chef. Ils resteront enfermés dans leur logique dangereuse qui faisait dire à celui qui se cache derrière François Mitterrand sur son blog : "le 6 mai, les Français auront le choix de rompre ou non avec l’héritage de 1789." Rien de moins. Ils continueront de voir en Nicolas Sarkozy, non pas le nouveau Président démocratiquement élu d'un pays qui s'est mobilisé, qui a renoué avec la politique mais seulement "sa police à la Fouché, (...) sa presse à la Bonaparte et (...) son christianisme à la Pie XII."

Ils n'ont rien compris. Aveuglés par leur pensée unique et par les éditoriaux de Jean-Marie Colombani, ils n'ont pas vu venir ce rejet de l'inconsistance, du flou, du raccommodage à la va-vite entre des socio-démocrates européistes et des nonistes de la gauche extrême. Ils n'ont pas compris que les français ont besoin d'un cap, d'une cohérence, d'une volonté, d'un programme, d'une équipe, d'un leader. Et que Ségolène Royal et le PS n'offraient absolument rien de tout cela. Ils n'ont pas compris que les français en ont assez des propos bien-pensants de la gauche caviar parisienne et que ses grands discours sur les catastrophes qui les attendent s'ils votent non à la Constitution européenne, ou s'ils votent oui à Sarkozy, ne leur font plus peur. Ils n'ont pas compris que les français veulent comprendre ce qui les attend, qu'ils rejettent les discours convenus, les beaux sentiments, les envolées lyriques. Ils veulent du concret. Ils veulent croire que des solutions pratiques existent.

Sarkozy leur a offert cet espoir et cette cohérence. Le TSS n'a pas fonctionné et c'est tant mieux. C'était un discours indigne d'un parti démocratique et d'une candidate qui se prévalait d'une certaine morale en politique. Il n'y a pas eu d'émeutes à grande échelle hier soir. Sauf peut-être dans l'enceinte de la rue de Solférino ...

Je n'ai pas voté hier. Parce que je ne croyais pas que l'enjeu de ce vote était la démocratie elle-même. Parce que je ne pensais pas que la modification de nos institutions (fut-elle nécessaire) était une convergence suffisante pour faire gouverner ensemble Bayrou et Royal. Parce que, en homme de gauche, j'avais honte de ces appels à l'insurrection lancés par la candidate du PS. Parce que l'enjeu de la modernisation de la France me parait majeur et que les socialistes n'en ont toujours pas compris le début du commencement. Mais aussi parce que je ne pouvais pas non plus me résoudre à déposer dans l'urne le bulletin d'un candidat dont la vision de la société est si différente de la mienne. Parce que je n'étais pas en phase avec ce recours systématique à l'autorité comme une pierre angulaire. Parce que je crois que l'identité nationale peut s'exprimer avec plus de calme.

Je pense enfin que, même s'il n'a pas exprimé de consigne de vote, François Bayrou est allé trop loin dans le camp des anti-sarkozystes, qu'il est allé trop loin dans ses critiques sur le verrouillage du monde des médias, qu'il est allé trop loin dans ce qui peut déjà apparaître comme les petits arrangements politiciens des législatives à venir. Il peut jouer un rôle important dans la refondation de la gauche sociale-démocrate à condition de créer une véritable alternative, pas en acceptant d'emblée un compromis avec un PS qui n'a pas fait le moindre mouvement de rénovation, si ce n'est dans les vagues discours opportunistes d'ente deux tours d'une candidate qui ne représente pas grand chose de plus qu'elle même et quelques proches.

La droite française n'est plus "la plus bête du monde". Elle exprime ses idées sans complexe. Malgré la bataille des chefs, elle s'est réunie. Elle n'a pas peur du pouvoir. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la gauche.

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01 mai 2007

Bad Godesberg

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C'était en août 2006, au début de la ségomania qui s'emparait de la France et qui allait aboutir quelques mois plus tard à la désignation triomphale de Ségolène Royal comme candidate socialiste à la présidentielle. Tous les espoirs étaient permis et certains croyaient alors que l'on tenait enfin avec cette femme qui ne mâche pas ses mots celle qui allait enfin moderniser le vieux PS d'Epinay, celle qui ferait prendre au parti de la rose ce virage idéologique fort que tous ses homologues européens ont pris depuis belle lurette.

Jacques Julliard, dans le Nouvel Obs, se prend ainsi à rêver tout éveillé, estimant que "c’est à une sorte de Bad Godesberg rampant, à la française, que nous sommes en train d’assister. Non parce que Ségolène Royal serait un grand cerveau théorique ; mais parce que sa popularité montante a créé autour de sa personne un tel horizon d’attente que chacune de ses paroles se transforme en événement."

Un changement de paradygme sans débat, sans réflexion, simplement par l'action. N'est-ce pas en quelque sorte ce que les vieux éléphants reprochent à Ségolène après son débat avec Bayrou et ses oeillades répétées vers les centristes ?

On retrouve aussi la même idée chez les militants socialistes proches de DSK, comme par exemple Hugues Serraf qui parlait dans son blog, dès novembre 2006, de "Bad-Godesberg ségoliste « par la preuve », plutôt qu'un énième débat théorique sur la nécessité d'un changement."

C'est au congrès de Bad Godesberg, en 1959, que le parti social démocrate allemand (SPD) renonce à sa culture marxiste de lutte des classes au profit d’une politique réformiste, acceptant ainsi l’économie de marché. Jamais le PS français n'a accepté de faire officiellement ce virage théorique qu'il a pourtant enterriné dans la pratique depuis le fameux "tournant de la rigueur" de 1983.

Et ce refus de la clarté est une des clés du paysage politique français depuis trois décennies. Jean Daniel ne s'y trompe pas lorsqu'il explique la semaine dernière dans son éditorial de l'Obs : "Il y a un nom de ville qui est souvent répété lorsque l’on rappelle ces débats, c’est celui de Bad-Godesberg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. C’est là que les socialistes allemands, en 1959, ont proclamé leur rupture avec toute espèce de collectivisme et leur ralliement à une forme contrôlée de l’économie de marché. Bad-Godesberg n’a cependant cessé de sonner aux oreilles des socialistes français comme l’exemple d’une trahison ou comme le rappel d’une lâcheté."

Je continue de penser que c'est sous la contrainte des urnes et seulement sous cette contrainte que le PS acceptera de changer, d'extraire de son corps malade ceux qui, comme Emmanuelli, veulent encore s'associer à Bové et Besancenot. Je ne pourrais finalement dire mieux que David Abiker dans Bigbangblog : "François Hollande qui est à la tête du PS depuis 10 ans porte une lourde responsabilité dans le surplace idéologique de son parti. Et ce sont les électeurs qui pouraient imposer au PS la refondation entreprise par les socialistes allemands il y a 50 ans."

Espérons-le.

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29 avril 2007

Un bout de chemin ensemble ?

debat_bayrou

Au moment où Ségolène Royal (dont je dois reconnaître que sa campagne de second tour est plutôt bien menée) propose à François Bayrou et à ses amis de       « faire un bout de chemin ensemble » (je me demande si cette formule fait référence aux compagnons de route, chers aux communistes de la deuxième partie du XXème siècle ?), je vous propose de faire un petit tour guidé de la blogosphère des éléphants et des éléphanteaux du PS.

Pour commencer, il y a ceux qui y croient, les éternels enthousiastes, les habitués de la volte-face et des postures de l’entre deux tours, ceux qui ont compris que le vent a tourné et qui se mettent instinctivement dans le sens du vent. Par exemple, l’indéboulonnable Jack Lang (celui des lendemains qui chantent) qui nous annonce, péremptoire, que « les électeurs qui se sont portés sur l’UDF, sont des électeurs qui, en certaines matières, ont une vision qui n’est pas éloignée de la nôtre. » Sur l’Europe, sur le SMIC, sur la dette, sur les 35 heures, sur l’ISF … sans doute ?

Il y a ceux qui doutent, s’interrogent, tentent de prendre le pouls de l’opinion ou veulent se rassurer comme Julien Dray qui pose des questions amusantes sur son blog : « Moi j'aimerais savoir ce que vous pensez des 18 % réalisés par François Bayrou. A votre avis c'est quoi ? Un vote protestataire, une vraie adhésion au programme de François Bayrou, le début ou la fin de quelque chose ? Et comment voyez-vous les choses pour le 2ème tour ? » C’est le début Julien, tu n’as encore rien vu !

Il y a ceux qui ne pensent pas grand-chose : il n'y a rien par exemple sur le blog de Montebourg à part son premier tract pour les législatives. Le site de Peillon est tout aussi maigre mais ces deux-là doivent être très occupés par la campagne (à moins que Peillon soit moins disert depuis qu’il a été radié des listes de la commune de Chepy, dans la Somme, par le tribunal d'instance d'Amiens, au motif qu’il n'y résidait pas).

Pour trouver des réactions plus franches, il faut aller voir du côté gauche, ou du côté « non à l’Europe » si vous préférez. Chez Fabius qui refuse toute « tractation » avec les centristes. Chez Mélenchon qui s’insurge : « Attention ! Camarades, vous jouez avec le feu. Quoi ? Des ministres UDF ? Je vois bien comment d’heures en heures nous sommes mis devant le fait accompli en nous instillant à dose homéopathique le changement d’alliance. » Mais c’est un bon soldat Mélenchon, la preuve : « Le jour après que j'ai dit le débat oui, les ministres non, qu'-est-ce que je fais ? (…) Et, bien voilà, en véritable archaïque, je fais campagne pour Ségolène Royal. » On peut être sur qu’elle le remerciera !

Un peu de compassion. La vie des éléphants n’est pas facile. Comme le dit Laurent Joffrin dans Libération, « non seulement ils doivent soutenir une candidate qu'ils tiennent en peu d'estime, mais encore ils doivent avaliser sans broncher un tournant stratégique décidé sans qu'ils en aient le moins du monde débattu. » Pourtant, en réalité, il n’y a aucune raison de s’inquiéter : si l’on en croit Jean-Louis Bianco, la position de la candidate socialiste « n'est pas tournée vers le centre, elle est tournée vers l'explication du pacte présidentiel et la recherche de points de convergence sur des idées. » Ces gauchistes n’ont encore rien compris !

Tenez par exemple : Olivier Besancenot, le rescapé de la gauche de la gauche, lui il pense que « le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou a réuni deux responsables politiques se situant dans le cadre du libéralisme et qui se sont évertués à souligner que leurs programmes respectifs étaient compatibles. » Quant à Marie-Georges Buffet, du haut de ses 2%, elle avoue qu’elle « ne peux (…) pas rester silencieuse face au chantage exercé par François Bayrou sur la candidate socialiste pour l’amener à infléchir son programme vers celui de la droite. » Ouf ! Ce n’est pas de la faute de Ségolène. C’est ce méchant Bayrou qui fait une pression d’enfer. Mais elle est tout de même « très préoccupée », Marie-Georges, « de constater que certains, à gauche, expriment la tentation d’y céder, et que Ségolène Royal elle-même envisage la possibilité, en échange du soutien de François Bayrou, de constituer un gouvernement avec des ministres UDF. »

Et puis, il y a finalement ceux qui pensent plus sérieusement à l’avenir, ceux qui commencent à échafauder des plans pour l’après 6 mai et qui se voient déjà jouer un rôle majeur dans le nouveau paysage politique. D’abord Henri Emmanuelli, évidemment, qui « considère que nous sommes arrivés au bout d’un cycle, entamé avec le congrès d’Epinay » et qu’il « est donc temps de bouger et de créer un grand parti progressiste, qui permette de référencer à nouveau la gauche. » Contre-pied total à Ségolène Royal. A gauche toute : il faut certes une majorité mais « cette majorité exclut par nature la droite, quel que soit son visage, et l'UDF en est un ».

Et à l’opposé, Dominique Strauss-Kahn, pour qui « la victoire est possible » à condition de « bâtir la maison du renouveau. » Un changement, un renouveau qui sont pour DSK « l'essence même d'un programme social-démocrate nécessaire pour bâtir la France et l'Europe de demain. »

Grand parti progressiste ? Parti social-démocrate ? Pour ceux qui n’ont pas tout suivi, je rappelle que ces messieurs Emmanuelli et Strauss-Kahn sont aujourd’hui dans le même parti, un parti sans boussole, un parti sans message, un parti sans horizon, un parti sans avenir !

La conclusion est pour Laurent Joffrin, de nouveau : « quoi qu'en pense Jean-Luc Mélenchon, dinosaure chez qui la réalité met longtemps à arriver jusqu'au cerveau, le PS sera contraint de se tourner vers le centre gauche et d'assumer enfin sa nature réformiste. »

Eléphants ou dinosaures ?

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24 avril 2007

Non à la rhétorique de la peur

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Je l’ai écrit ici à plusieurs reprises, je déteste l’utilisation à outrance des thèmes identitaires et sécuritaires par Nicolas Sarkozy. La droitisation de son discours a certes permis de briser le FN mais, même en politique, j’ai encore la naïveté de penser que la fin ne justifie pas toujours les moyens.

Ceci étant dit, la campagne de diabolisation de Sarkozy est dangereuse et porteuse de graves dérives. La rhétorique de la peur n’est pas une arme démocratique. Je ne choisirai peut-être pas entre Sarkozy et Royal, mais jamais je ne dirai, comme je l’entends de plus en plus souvent que c’est un choix entre la peste et le choléra. Nous avons la chance de vivre dans une démocratie ou 85% des électeurs se déplacent pour voter, ou le choix du second tour opposera deux candidats républicains, il faut s’en souvenir. Nous ne sommes pas au Nigeria. N'en déplaise à Philippe Torreton qui nous confie : "avec Sarkozy, j’ai peur pour la démocratie".

Sur le plateau de TF1, Bernard Kouchner trouve que « le score de Nicolas Sarkozy est un beau score. Mais il reste 70%. » PPDA oriente alors le débat sur la personnalité de Nicolas Sarkozy. « Il fait peur », dit Kouchner. Et Ségolène poursuit dans ses meetings : il veut "prendre le pouvoir", il porte "le masque de la peur". Pas une émission de radio, pas un plateau télé depuis dimanche où la question « Sarkozy fait-il peur » ne revienne pas comme un écho. Tout le monde s’y met.

Sarkozy fait peur aussi bien aux célèbres qu’aux anonymes, du soutien de Séogolène Royal Thomas Piketty à la douce petite voix d’une bloggeuse inconnue, en passant par l'auteur Tristan Valmour sur Agoravox qui s’alarme : « Plus qu’une adhésion au programme de Ségolène Royal, il faut refuser le monde de Nicolas Sarkozy qui achèvera les valeurs républicaines de la France. » Et Sarkozy fait peur aussi à Daniel Riot : « Le journaliste que je reste a peur. Le citoyen que je suis a peur. Le Républicain que je suis a peur. »

Vous me direz sans doute que tout ceci n’est pas si grave, que cela fait partie du débat électoral et que finalement, on a bien le droit d’avoir peur d’un homme politique. Certes. Mais quand ce leitmotiv est repris en chœur, le danger n’est pas loin. Le danger, c’est Le Pen qui pointe du doigt les origines immigrés et juives du candidat. Je voudrais vous citer ici le texte de Jacques Attali dans sa dernière rubrique du blog de l’Express parce qu’elle est me semble-t-il importante :

« Dans cette campagne, on aura entendu bien des bêtises, bien des propositions absurdes, bien des méchancetés. Une des pires choses qui fut dites, une des plus honteuses, une des plus méprisables même, fut d’entendre un candidat proclamer qu’un autre n’aura pas du se présenter parce que ses parents étaient d’origine étrangère. Que Jean-Marie Le Pen ait souhaité interdire à Nicolas Sarkozy d’être candidat parce qu’il est d’origine hongroise n’est pas le pire : on ne peut rien attendre de décent de cet homme. Mais le pire est ailleurs : aucun autre candidat, aucun, n’a eu l’idée de protester contre cette ignominie et de manifester une solidarité simplement démocratique à l’égard d’un autre candidat honteusement ostracisé. (…) »

Juste pour vous faire vraiment peur, voilà ce que l’on trouve en surfant un peu sur le site pierre-bleue.net :

SARKOSY

« Ce fils de légionnaire hongrois et de mère grecque israélite, égocentrique jusqu'au ridicule, haineux et impulsif, à l'évidence veut le pouvoir absolu... et il ne reculera devant rien pour l'obtenir. Provocations, mensonges, menaces, mises en scène médiatiques, ... si rien n'est fait pour le stopper, avec ses complices dans les médias, il ira crescendo dans le populisme au seul but de radicaliser l'opinion, semer la haine, la division, encourager les confrontations entre les communautés, pour au final imposer sa politique du pire, mixant ultra-libéralisme sauvage à l'américaine et régime communautariste ultra-sécuritaire, raciste, à l'israélienne. »

Où est la haine ?

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21 avril 2007

Il est temps que ça se termine !

podium

Allez pour finir avant le scrutin, je vous propose mon podium des dernières grosses bêtises et provocations gratuites de la dernière semaine. Ce classement est évidemment subjectif.

Troisième marche du podium, médaille de bronze : Nicolas Sarkozy. Et en l'occurrence, l'image des médailles et du podium est bien choisie, puisqu'il s'agit de ses déclarations sur le boycott des JO de Pékin proposée par BHL. Sur le fonds du sujet, je suis partagé, le boycott des JO (ou sa menace) n'ayant pas dans le passé prouvé son efficacité (si ce n'est à provoquer d'autres boycotts comme celui des JO de Los Angeles par les russes en représailles). En revanche, la façon dont Sarkozy rejette cette idée est pour le moins radicale et sans nuance (voir aussi la réponse de BHL dans Le Point de cette semaine) et atteint le comble du ridicule lorsqu'il rappelle que "les JO de Munich en 1972 avaient continué malgré la prise en otages meurtrière d'athlètes israéliens par un commando palestinien". Quel rapport avec la Chine ? Suggère-t-il qu'il fallait arrêter les JO pour punir l'OLP ? ou le pays organisateur, c'est-à-dire l'Allemagne ? Incompréhensible. Et une bourde, une ! La fatigue, sans doute.

Deuxième marche du podium. Remarquable médaille d'argent, bien entendu pour Jean-Marie Le Pen. C'est venu progressivement mais enfin il l'a laché sa grosse provocation. A la question (stupide aussi je vous l'accorde) "Pourquoi les juifs aiment Sarkozy et pour quelle raison ils le haïssent ?", Le Pen répond : "Sarkozy est juif par sa mère. Cela joue un peu en sa faveur, le fait qu'il soit juif du côté grec", ajoutant "mais il n'est pas juif du côté hongrois". Et Pen poursuit : "Sarkozy est toujours en faveur des organisations juives et d'Israël. Il est pro-américain, très pro-américain, mais tous les juifs ne sont pas pour lui. Il a également permis l'immigration de centaines de milliers de personnes venant d'Afrique et d'Afrique musulmane". Ouf, on est rassuré, Jean-Marie n'est pas devenu un ectoplasme inconsistant, l'approche de l'heure fatidique lui redonne des ailes.

Mais ce n'est pas un des candidats qui remporte la palme, la médaille d'or de la stupidité, de loin la première marche de ce podium. C'est évidemment l'indéboulonnable directeur du sacro-saint journal, le donneur de leçon de la presse intelligente, celui qui sait, celui qui prétend nous guider, nous pauvres électeurs incultes vers le bon choix, le seul choix, vers ce qu'il appelle pompeusement cet "impératif démocratique". Vous avez reconnu évidemment Jean-Marie Colombani qui nous a présenté une fois de plus, sa face cachée. Et non, M. Colombani, décider à l'avance du seul second tour acceptable, ce n'est pas un impératif démocratique. Pas plus que sous entendre que tous les partisans du non au référendum étaient des abrutis. On pourrait espérer que l'illustre directeur de la vénérable institution qu'est Le Monde apprenne de ses erreurs passées, mais c'est sans doute un espoir insensé. Colombani et Le Monde sont enfermés dans leurs certitudes. Laissons-les y.

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19 avril 2007

L'heure du choix

choix

A en croire les sondeurs, l’incertitude et l’hésitation sont pour l’instant les grands gagnants du premier tour. Les français sont indécis depuis des semaines, des mois et leurs doutes, toujours selon les instituts, ne se dissiperont que quelques jours, quelques heures avant le scrutin. Dans le jargon de la Sofres ou de BVA, on appelle cela la « cristallisation ». Réaction chimique intime et secrète, la cristallisation de l’électorat semble avoir besoin d’un catalyseur puissant : l’isoloir.

Pour ma part, j’ai l’impression de subir une réaction inverse. A mesure que le jour J approche, mes doutes augmentent au lieu de disparaître, ma conviction s’étiole à la vitesse des heures qui nous séparent du dimanche fatidique. A force d’entendre encore et encore les arguments des uns, les attaques des autres, les soutiens qui se croisent et qui transforment petit à petit le paysage politique français en plat de spaghettis, les appels au désespoir ou au vote utile, j’en ai le vertige. Et si je me trompais ? Et si tout ce que je raconte dans mon blog depuis trois mois n’était que ma façon personnelle d’être manipulé par tous ces discours de circonstances ? Et si je restais dans mon jardin pour tailler mes rosiers (je n’aime pas la pêche) ?

Bref, l’angoisse est à son comble. S’il y en a beaucoup comme moi, ça promet des divines surprises et un joyeux foutoir sur les plateaux de télévision ce dimanche à 20 heures.

Reprenons nos esprits. Comme tous les militants et sympathisants UDF, je viens de recevoir un ultime message hyper court, hyper synthétique, hyper pédagogique, reprenant les « 4 raisons de voter François Bayrou dimanche 22 avril ». Oubliez tout le bla-bla de la campagne, revenez aux fondamentaux (cela prouve en tout cas qu’en haut lieu, ils se rendent bien compte de l’état d’inquiétude des troupes et des français).

Je cite :

Il est le seul vote utile pour la France

Il est indépendant du système

Il refuse de faire des fausses promesses

Il propose un projet équilibré et concret pour améliorer votre quotidien

PHILIPPE_TRUC_copie

Je traduis pour ceux qui n’auraient pas tout compris :

1- Ségolène est cuite, si vous voulez battre Sarkozy, y’a plus que Bayrou.

2- Si vous voulez vous défouler, oubliez Le Pen et Besancenot, soyez dans le coup, le vrai vote protestataire en 2007, c’est Bayrou.

3- Vous n’y croyez plus, vous n’avez plus confiance dans la politique pour résoudre vos problèmes, la vérité c’est que vous n’avez pas complètement tord.

Cette campagne a été longue, très longue, trop longue. Ras-le-bol d’entendre les mêmes litanies, les mêmes postures. Vivement dimanche.

Je vais voter Bayrou. Tout de même.

Parce que je hais les extrêmes et les extrémistes. De droite, de gauche, ils se ressemblent tellement. Ils ont en commun de refuser la réalité, de se focaliser sur les misères et les peurs. Ils ont en commun une certaine haine de l’humanité, avec ses bons et ses mauvais côtés. Ils idéalisent la pureté. Pureté d’un monde imaginaire, peuplé de gaulois depuis cinquante générations ou peuplé d’ouvriers sans entreprises et sans patrons. Parce qu’ils refusent de voir le monde tel qu’il est, ils ont en réalité en commun le refus de la réforme. Leurs solutions se résument à jeter l’anathème sur une catégorie de la population (les immigrés, les riches, les patrons), source de tous nos problèmes. L’extrémisme est un leurre, c’est le pire de tous les conservatismes déguisé en révolutionnaire.

Parce que la France a besoin d’une politique économique libérale. En ce point, les orientations de Bayrou et de Sarkozy ne sont pas très éloignées.

Parce que le parti socialiste reste vieux, dogmatique, langue de bois, que personne ne sait où ni avec qui il va gouverner. Parce qu’il est incapable d’impulser la modernisation nécessaire à la gauche, qu’il camoufle ses divisions, qu’il se retranche derrière une image providentielle de candidate qui ne lui ressemble pas. Parce que rien de garantit que Ségolène Royal ne fera pas alliance avec les communistes et les gauchistes de l’extrême, prélude à de nouveaux échecs et de nouveaux renoncements. Non merci.

Parce que Dominique Voynet ne représente pas grand-chose à par elle-même et quelques potes. C’est dommage sans doute. Hulot aura dissous l’écologie politique dans Ushuaia. Un peu comme BHL aura vendu la cause du Darfour au rabais contre un bulletin Royal.

Parce que Nicolas Sarkozy joue trop avec le feu. Il n’est ni extrémiste, ni raciste, ni eugéniste. Certes. Mais ce ne sont pas des concepts dont on s’amuse en campagne. J’étais de ceux qui s’agaçaient il y a quelques mois du discours « Sarkozy fait peur », un discours qui ressemble trop à celui décrivant les communistes avec le couteau entre les dents. Mais tout de même. Trop c’est trop.

Parce que je crois sincèrement que le paysage politique doit se recomposer en France autour de deux grandes sensibilités : la droite conservatrice et la social-démocratie. Il y a peut-être plusieurs voies pour y parvenir. Nicolas Baverez dans la Point explique pourquoi le vote Sarkozy est la meilleure. Après en avoir dit pis que pendre, BHL penche pour Ségolène en appelant de ses vœux la désignation de DSK comme premier ministre. Je continue de penser quant à moi que seul l’électrochoc centriste fera exploser le vieux socialisme d’Epinay.

Un vote par défaut ? En partie. Pas complètement.

Le deuxième tour risque fort d’être une toute autre histoire …

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21 mars 2007

Bayrou en finale ...

bayrou_zenith

Reportage de campagne. En live. Hier soir, c'était jour de sortie. Baby sitter. Tenue de soirée. Bayrou au Zénith. Le Zénith ! Il est tout de même gonflé Bayrou. Quand tout le monde vous prend pour le clown de la présidentielle, faire son show à la porte de Pantin, faut oser !

Mais comment vous raconter un meeting politique ?

Je pourrais vous parler de « La France qui veut être la France » et pas l’Amérique ou la Scandinavie. Je pourrais vous amuser avec les aventures des « barons » et des « éléphants ». Vous parler du tracteur dont il est fier. Du travail qu’on fait de ses mains et qui n’empêche pas « de penser ». Des milliardaires du CAC 40 dont il se sent moins proche que des infirmières, des médecins, des ouvriers, des paysans. Je pourrais décliner les thèmes de la campagne. Environnement. Dette. Recherche. Education. Emploi. Exclusion. Culture. Europe. Mais, vous lirez tout cela dans vos journaux du jour.

Parce qu’en apparence, rien ne ressemble plus à une réunion publique politique qu'une autre réunion publique politique. En réalité, c'est un peu comme au théâtre. Décors. Costumes. Lumière. Il faut quelques ingrédients de base indispensables pour que la sauce prenne bien et que le public soit content.

Un accueil chaleureux. Des jeunes vendeurs et vendeuses de T-shirt. Cinq euro pour un « Bayrou au Zénith » ou un « Sexy centriste ». Large ou XL. Unisexe. Avec un CD en prime. C'est raisonnable. Une buvette. Sandwich unique. Jambon beurre. C'est le sandwich version laïque sans doute.

Des militants. Il y en avait. Beaucoup. Dedans, dehors, sur les gradins, dans la fosse, sur les escaliers, sur la scène, des milliers. Des d'jeunes. Indispensable les jeunes, pour pas faire ringard. Il y en avait. Beaucoup. Déguisés en orange, on aurait dit une armée de Casimirs. Ils sont même restés sur la scène, dansant, chantant, entonnant à tue tête "Bayrou Président, Bayrou Président". Sympathiques les jeunes. Mais un peu fatigués peut-être, la campagne doit être dure : alors que le candidat montrait une santé insolente au bout de près de heures de discours non stop, une jeune militante s’est évanouie sur la scène. Stress, nuits blanches. A moins que ce ne soit l’émotion.

Pour faire un bon meeting, il faut une entrée triomphale bien sur. Elle le fût. Brisant la foule sur son passage, prenant son temps, saluant, embrassant, l'entrée de Bayrou hier soir c'était quelque part entre le chemin de croix et Moïse séparant les eaux de la mer.

Une musique d’ambiance forcément. Celle de Bayrou show est entêtante. Un peu fatigante à vrai dire.

Et des petites phrases évidemment. Il y a celles dont on ne se lasse pas. Celles qui font rire. Les valeurs sûres. Celles qui provoquent immanquablement les applaudissements. Celles dont chaque mot est pesé. Celles qu'on a écrites pour être reprises par les médias. Il y en a certaines quelquefois qu'on sent venir de plus loin. Celles qui brisent l'armure pour laisser entrevoir une parcelle d'humanité, l’homme derrière le candidat.

Il faut des adversaires enfin. Et Bayrou n'en manque pas. A droite, à gauche, en haut, en bas. Alors, il faut rendre coup pour coup pour faire se lever le public, galvaniser la foule, faire rêver, entraîner derrière soi les militants en délire, voler vers la victoire certaine.

Voilà, c'était ça le show de Bayrou hier soir. Un meeting électoral. Un vrai. Un bon. Mais j'allais oublier, pour faire un super meeting électoral, il faut un hymne. Un refrain. Un petit air que l'on fredonne en sortant de la salle, dans sa voiture, sur le chemin du retour. "Bayrou en finale, Bayrou en finale, Bayrou, Bayrou, Bayrou en finale". Reste une question : c'est pour qui le coup de boule ?

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17 mars 2007

Identité sereine

sarko

Nicolas Sarkozy a raison. Absolument. Il a raison de dire qu'il faut parler de la France quand on est candidat à la magistrature suprême. Il a raison de dire que le sujet même de l'élection présidentielle, c'est la France, son identité, son essence, son message, son histoire et son devenir, ce qu'elle représente à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières, ce qui fait d'elle une Nation spéciale, unique.

Nicolas Sarkozy a raison. Incontestablement. Il a raison de dire que les mots France, nation, identité ne doivent pas être laissés en patûre aux extrémistes, qu'il faut se réappropier ce message d'appartenance et, pourquoi pas, d'amour.

Mais ....

mais je me pose des questions : pourquoi faut-il hurler quand on parle de son pays ? en quoi est-il nécessaire de vociférer, de faire des grands gestes et des effets de manche pour communiquer cet amour de la patrie ? pourquoi cette énergie étrange et cette volonté manifeste d'en "faire beaucoup", d'en faire trop sans doute ? pourquoi ces phrases qui ressemblent à des caricatures ? pourquoi cette angoisse lisible dans les yeux ? pourquoi ces amalgames ? pourquoi, au lieu de parler des atouts de la France, de son rôle universel, de son creuset, de ses paysages et de ceux qui les peuplent, pourquoi définir ainsi l'identité "en creux", en dénigrant ce qu'elle n'est pas, ce qui en sont exclus, ceux qui la noient, ceux qui la dénaturent, ceux-là même qui viennent à nous sans parler notre langue ?

Rien à faire. Ce discours là n'est pas une douce musique à mes oreilles.

On peut parler de la France avec calme et douceur, avec mesure et discernement, avec tranquilité, avec sérénité. Pour les Hommes comme pour les Nations, l'âme est une voix de l'intérieur. C'est avec le coeur qu'elle s'exprime, pas avec les cordes vocales.

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